De la fumée à l'horizon.

Le groupe emprunte des chevaux et part pour Svep. Les jours sont comptés aussi les montures ne sont guère ménagées. Philbert les accueille chaleureusement et leur conforme son soutien à la légion. Ses hommes sont déjà prêts et il a envoyé des messagers aux autres chefs pour tenter de les convaincre de se regrouper pour mettre une rouste à Porback et à ses piorads. Maecius lui demande devenir avec eux pour appuyer son discours auprès des autres chefs. En effet, l'acréus à l'intention d'aller lui-même secouer les puces des chefs de clan récalcitrants. Philbert ne peut abandonner son poste mais leur offre le soutien d'Eldric, son neveu et successeur.

Sans perdre de temps, ils se rendent à Skagen pour rencontrer Arnüll. Le chef de ce clan de mineurs n'a pas la réputation d'être un tendre. Skagen abrite un bon millier d'habitants. Le cuivre et l'étain sont la spécialité du coin ainsi que leur transformation et leur commerce. Le village est en pierre, perché sur un promontoire rocheux très difficile d'accès. Il va être compliqué de le convaincre de quitter ce confortable perchoir. Sur la route, ils prennent quelques informations auprès d'un marchand qui se rend dans les Prudences via le château de la vieille et découvrent au loin un village en feu. Il s'agit de Hen. Inval et les siens ont dû recevoir la visite des piorads. Impossible de connaître le résultat de la rencontre pour le moment aussi les dérigions se mettent-ils en route sans attendre vers la salle de garde où les attend Arnüll.

Arnüll est un hysnaton froid. Oreilles d'elfe, cornes saillantes... C'est également le Porteur de Skern, un marteau dieu muni d'une bouche et particulièrement bavard. Le chef de Skagen regarde brûler Hen au loin avec satisfaction. Comme prévu, il refuse de quitter son perchoir mais écoute attentivement les explications de ses visiteurs. Soudain, il leur propose de descendre dans les anciennes caves dont il a fait des geôles.

La température y est glaciale et l'obscurité profonde. Au fin fond de ce labyrinthe de pierre, il leur montre trois prisonniers bien amochés qu'il présente comme étant des messagers de Porback. C'est impassable pour Arnüll pourtant les prisonniers ont bien confirmé les déclarations de Maelius et de ses compagnons: Porback et Fort Ulam ont rallié les piorads. Et les messagers sont venus menacer Arnüll et Skern pour s'assurer sinon son soutien au moins sa neutralité. Arnüll et son Arme n'aiment pas les menaces.

 

Victorius est désigné pour un nouvel interrogatoire des captifs avant qu'ils ne soient jetés dans le vide. Pendant ce temps, Maecius, Marmaille et Strégus écoutent les propositions d'Arnüll. Ce dernier accepte de rejoindre la légion à condition de devenir gouverneur des Marches basses avec le soutien et la reconnaissance officielle de l'Empire. Maecius accepte et Arnüll se frotte les mains en pensant aux impôts qu'il va pouvoir lever. Il pousse même le vice en demandant en bonus la cape très élégante de Victorius lorsque celui-ci revient.

Le légionnaire n'a pas perdu son temps. L'interrogatoire a été fructueux et pas seulement parce qu'il a pu violer les condamnés. Victorius a appris que les piorads seraient maintenant près de quatre mille. Et chaque jour, de nouvelles familles et de nouveaux clans viennent rejoindre le jarl bänd. Il explique que Proban a également envoyé des offres à tous les chefs de clans et qu'elles sont alléchantes.

Arnüll restera en retrait pour la guerre. Au moment opportun, il bondira avec ses guerriers sur les lignes arrières des piorads. Pendant toute la discussion, Okpala et Constance se disputent. Le cimeterre veut que Maelius parle de sa femme à Arnüll mais l'épée s'y oppose vigoureusement. Maelius reconnaissant plus de sagesse à Constance qu'à son Arme, choisit le silence. Plus tard, il apprendra des Armes que lors d'un affrontement passé, Inval, chef de Hen, a obtenu la femme d'Arnüll comme prise de guerre. Ce qui explique que l'hysnaton était si heureux de voir brûler le village de son rival.

 

Errant dans le village, les soldats de la légion se retrouvent face à un bordel "Chez Okpala". L'Arme en est propriétaire et la nuit est offerte à tout le monde, réjouissances comprises. Maecius en profite pour récupérer ses gains et pour honorer la vieille patronne de l'établissement.

Mais un nouveau problème se présente. Eldric, qui a représenté Svep pour tout le temps des négociations commence à poser des questions. En effet, si l'accord avec Skagen est honoré, son oncle devient le vassal d'Arnüll, lui doit impôt et obéissance. Cela semble le déranger. Qu'à cela ne tienne, Maecius noie le poisson et supprimera le gamin dans un coin quand il aura deux minutes.

N'ayant plus rien à faire à Skagen, Ils se remettent en route, direction Lingsas, village du très peu jovial Torlak. En route ils croisent les survivants de Hen, menés pas Inval. Effectivement, les piorads leur sont tombés dessus et après la raclée, les survivants de Hen ont profité du pillage de leur village pour prendre la fuite. Les piorads ne les ont pas poursuivis, tout à leurs réjouissances, mais ils savent qu'ils n'ont pas cinquante endroit où aller. Inval conduit sa maigre troupe, ralentie par les femmes et les enfants, jusqu'au château de la vieille. Il pensait pouvoir faire face seul, il s'est trompé, il ne lui reste plus grand chose.

Marmaille est envoyé en éclaireur. Loin devant ses compagnons, quelque chose attire son attention. Il s'agit d'un homme planté dans un arbre à l'aide d'un pilum dérigion. A sa grande surprise l'homme bafouille encore quelques mots. Marmaille le reconnait. Il s'agit d'Agrip, le conseiller sournois de Jojéaz à Burch. Mais l'hysnaton n'a pas le temps de pousser plus loin. Il se retourne et découvre qu'il est cerné par neuf dérigions dont les uniformes souillés ont été complétés par des vêtements barbares. L'un d'eux est un gadhar à qui il manque une main. Marmaille reconnait Nata, l'ancien Porteur de Constance. Il est sur les traces de son Arme depuis des semaines et exulte à l'idée de la retrouver. Seulement il commet une erreur. Constance adore son nouveau Porteur. Elle s'est prise d'affection pour les hysnatons, cette race cabossée par des éclats de chimères. Elle n'a aucunement l'intention de retourner aux mains du gadhar.

D'un geste souple, Marmaille pulvérise Nata. Constance envoie un message télépathique à Okpala pour obtenir du renfort. Strégus part alors au triple galop suivi de Maecius. Malheureusement, son cheval choisit ce moment pour mourir. Victorius laisse alors sa monture à son chef et finira à pied (tout en évitant le combat au passage).

Quand les deux soldats arrivent sur place, Marmaille a déjà étripé sept de ses adversaires. Le dernier s'enfuit mais Strégus lui envoie sa lance dans une omoplate pour lui passer le goût de la course. Maecius charge alors et abat le fuyard d'un énorme coup de cimeterre dans le dos. L'acréus se rappelle alors qu'il doit en finir avec Eldric et l'amène un peu à l'écart. Mais alors qu'il s'apprête à le couper en deux, le jeune homme lui explique qu'il serait ravi d'être le vassal d'Arnüll si toutefois il pouvait être chef de Svep! Maecius voit dans cette situation un bon moyen d'éviter des problèmes et change de cible: C'est Philbert qu'il coupera en deux.

Le temps est venu de fouiller les corps. Les soldats ont de l'alcool de mûres et du lapin séché en abondance et une forte somme en pépites d'or. On dirait qu'ils étaient sur un contrat. Dans les affaires d'Agrip, ils trouvent une lettre signée de Jojéaz. Ce dernier propose son aide aux dérigions avec les mêmes modalités que celles accordées à Arnüll. Visiblement, le message ne devait pas arriver.

Torlak aura peut-être quelque chose à raconter à ce sujet. Sans perdre plus de temps, ils se remettent en route vers Lingsas.