Trahison barbare

Les dérigions arrivent à Lingsas. Torlak et sa garde rapprochée observent au loin un nouveau panache de fumée. C'est Svep qui brûle. Les piorads sont surement déjà au fort de la vieille. Il n'y a plus un instant à perdre.

Torlak reçoit le groupe froidement et élude les questions de Maecius. Il n'a jamais vu de déserteurs dérigions et encore moins un gadhar manchot. Agrip, le conseiller de Jojéaz est bien passé par là pour faire le plein de vivres mais il a continué sa route. Quant aux messagers de Porbak, il ne les a jamais vu.

Le chef barbare met ensuite tout son village en route vers le château de la vieille. Il a décidé depuis longtemps d'aller s'y réfugier et de se battre à leurs côtés. Les guerriers brûlent ce qu'ils ne peuvent pas emporter et laisse l'acréus et ses hommes se reposer dans le village désert.

Pourtant le temps presse et ils se remettent rapidement en marche pour rattraper les barbares. La chose est faite sans difficulté grâce aux chevaux frais que Torlak leur a laissés. Mais les soupçons de Maecius se précisent. Torlak lui offre ainsi qu'à Strégus et Victorius (Marmaille ne boit pas) une gorgée de son alcool de mûres si savoureux. C'est le même que celui retrouvé sur Nata et ses hommes. Le repas du soir, composé uniquement de lapin séché confirme cette idée.

La troupe arrive enfin à Svep, dernière étape avant le fort. Les piorads l'ont ravagé et se sont mis en route vers le fort aux vent. Un sursis pour le château de la vieille ! Les piorads vont probablement s'en servir de point de repli. Comme l'endroit est désert, seul le détour les retardera.

Un éclaireur revient donner une information qui plonge Torlak dans le doute. Strégus noie l'homme sous des litres d'alcool et des kilos de muffin ce qui l'aide à avouer qu'il a vu approcher les troupes de Bursh menées par Jojéaz. Pourtant le message concernant leur implication dans la guerre n'est jamais arrivé puisque Agrip a été tué. Alors que font-ils là ? Et pourquoi cela gêne-t-il Torlak ?

 

Le lendemain ils sont tous au fort de la vieille. Maecius doit calmer Arnüll qui tombe évidemment sur Inval. Les menaces fusent et Arnüll promet de récupérer sa femme. Le Porteur de Skern est venu réclamer un document officiel concernant son statut de gouverneur. Le vedar Hector ne comprend pas bien de quoi il s'agit et s'énerve après de Maecius pour ses promesses inconsidérées qui impliquent l'Empereur en personne. Mais l'acréus ne se laisse pas démonter. Profitant de l'instruction noble dont Victorius et lui ont bénéficié, il rédige avec son camarade un document "officiel" plus vrai que nature. Satisfait, Arnüll part se mettre en position pour attendre les piorads.

Peu après, les troupes de Burch arrivent. Visiblement, Jojéaz a décidé de venir de lui-même, sans contrepartie. Torlak va se plaindre auprès du vedar et accuse Jojéaz de trahison étant donnés les bons rapports qu'il entretien avec Porbak. Ces accusations nerveuses attisent les suspicions de tout le monde.

Marmaille, épuisé, va se reposer dans la grange. Malheureusement, il s'endort trop tôt pour entendre Torlak rager à haute voix. Le barbare a payé les déserteurs de Nata pour qu'ils tuent Agrip afin que le message n'arrive pas et que Burch reste hors du coup. Il a accepté la proposition des messagers de Porbak sans hésité et a proposé de leur ouvrir les portes du fort de l'intérieur. Cette information n'arrivera jamais aux oreilles des défenseurs.

Victorius enquête auprès des hommes et découvre que certains de ses amis ont creusé un tunnel qui rejoint des grottes. Une heure de marche dans les ténèbres les conduiront dans les Prudence si les choses tournent mal. Les déserteurs ont tout prévu : lumière, vivre, matériel de survie... Victorius s'inclut dans leur plan. Pas question de mourir pour un Empire qui a sali sa famille.

Strégus fabrique de la poix au plus vite et en enduit les arbres alentours. Les fosses et les pieux sont inspectés. Victorius harangue la foule et prépare la défense d'un tronçon de rempart qu'il s'approprie.

Et les piorads sont là.

 

Ils sont des milliers. Monté sur son chagar, le Jarl lance d'énormes éclairs vers le ciel grâce à son Arme dieu. D'autres l'imitent, Marmaille répond... le combat n'a pas commencé et déjà l'éxal est saturé et commence à crépiter n'énergie. Les traditionnelles volées de flèches sont échangées puis l'assaut est donné. Les fosses et les pieux jouent bien leur partition mais la masse fait que rapidement, les remparts sont atteints. Les cordes et les échelles sont lancées et en quelques instants, les premiers corps à corps s'engagent.

Marmaille se téléporte auprès du chef ennemi et le frappe de toute la force des pouvoirs de Constance. Le piorad et son cavalier sont projetés au sol mais Marmaille effectue la même manœuvre en marche arrière. C'était un coup d'éclat, inutile de mourir au milieu de la garde d'élite œil de braise.

La première déflagration d'éxal se fait sentir. Quelque chose se tord dans l'espace qui les entoure. Une poche de magie glauque vient de se former. Strégus et ses archers mettent le feu à la poix. La forêt brûle au-dessus de la neige et Arnüll et ses hommes en profitent pour charger les piorad à revers. Le champ de bataille explose du fracas des armes, des hurlements des guerriers et de la puissance des Armes dieux engagées. Victorius et Maecius sont couverts de sang. Au point le plus violent du front, ils tiennent leur position avec quelques fidèles. Strégus et ses archers abattent un Porteur ennemi qui faisait des ravages dans leurs rangs avec sa hache Dieu. De toutes parts, les dérigions sont submergés et débordés. Et les choses empirent lorsque s'avance un énorme bélier.

L'éxal se froisse une nouvelle fois. Et les morts se relèvent. Victorius et Maecius décident de se servir de cette horreur à leur avantage et de jeter les morts vivants en bas du rempart sur leurs adversaires.

Marmaille part pour une nouvelle action d'éclat. Il saute sur le bélier du haut du rempart et le saccage proprement. Puis il s'extrait de la mêlée en utilisant le pouvoir passe muraille de Constance. Malheureusement, cela ne le sauve pas mais aggrave sa situation. De l'autre côté de la lourde porte en chêne ferrée, il vient de tomber sur Torlak et sa garde personnelle en train de la saboter.

 

De son côté, Victorius se prépare à mourir. Alors que la plupart de ses compagnons sont à terre, un énorme piorad lui saute dessus depuis le sommet d'une tour. C'est un Porteur, il tient une dague étincelante et se jette sur le dérigion sans aucune crainte malgré la hauteur. Pourtant, à mi-chemin de sa chute, il perd de sa superbe et hurle à pleins poumons. Son Arme vient de lui refuser son pouvoir qui lui permettait de sauter sans risque. Le piorad s'écrase aux pieds de Victorius. Il ne sait pas comment mais l'Arme le connait lui et sa famille. Elle a voulu qu'il devienne son Porteur et a manipulé ce stupide piorad pour qu'elle le mène jusqu'à lui. Victorius ramasse la dague. Il est Porteur. L'Arme se présente sous le nom de Messager. La mort de son précédent Porteur ne l'a pas du tout bouleversée, la connexion se fait très rapidement.

Au pied de la porte, Marmaille frappe violemment Torlak et encaisse les coups de sa garde. Maecius voyant son compagnon en danger se jette dans la mêlée et frappe une nouvelle fois Torlak. De son rempart, Victorius découvre la scène et envoie son pilum achever le chef barbare. Ses compagnons sont fichus mais au moins, le traitre aura péri. Tout est perdu, il se dirige vers le tunnel des déserteurs.

Strégus forme le carré avec quelques-uns de ses compagnons et prépare un baroud d'honneur. Pourtant quelque chose va changer ses plans. Il repère une Arme dieu qu'il avait déjà vu : La masse gigantesque appelée Sambre. Elle a visiblement changé un paquet de fois de Porteur depuis leur première rencontre dans la taverne "chez Okpala". L'éxal explose de nombreuses fois autour d'eux et des guerriers sont liquéfiés ou foudroyés mais Strégus continue d'avancer vers le Porteur blessé. Les coups pleuvent et il a de plus en plus de mal à avancer. Le Porteur meurt et il est couvert avec son Arme par les morts qui tombent avec lui. Strégus avance. Personne n'a vu l'Arme et cette dernière n'appelle pas ! Menant son groupe, il passe sur le tas de morts, glisse sa main entre les cadavres alors que la carapace de boucliers qui l'entoure vibre sous les impacts, et s'empare du Dieu à pleine main. C'est alors que sa raison explose. L'Arme a changé des dizaines de fois de Porteur au cours de cette bataille et elle revit en boucle chacune de ces morts atroces. C'est pour ça qu'elle n'appelait pas de nouveau Porteur ! Elle en était incapable. Strégus partage toute cette horreur avec elle, convulse et tombe du rempart sur une tente.

 

Maecius et Strégus attendent fièrement la mort pendant que Victorius prend la fuite. Tout est perdu. Mais une chose inattendue se produit pourtant. Des projectiles enflammés volent au-dessus des remparts et s'écrasent par dizaines au milieu des piorads. Deux gloires impériales viennent d'arriver. Les portes sont ouvertes, la charge est lancée. Les hommes à pieds reprennent le contrôle des remparts et nettoient la cour en quelques minutes. Les piorads sont mis en déroute. Maecius prend un cheval et participe à la curée alors que Marmaille s'effondre et que Victorius revient avec ses compagnons en vainqueur. Strégus est conduit à l'hôpital. Ceux qui ont voulu prendre son Arme en sont également pour leurs frais.

Les deux nobles responsables de cet impensable retournement de situation se présentent alors au vedar Hector, Porteur de Pomélius. Il s'agit de Barène de Plane et Flérin Aggripa. Le père de Victorius.