Sale temps pour la famille Aggripa

Encore des semaines et des mois qui s'écoulent au château de la vieille et à fort aux vents. La garnison est importante mais les troubles n'en sont pas moins nombreux. De plus, dans ce coin reculé et glacé, les nouvelles de Pôle mettent du temps à arriver. Celles des Marches par contre viennent frapper les légionnaires chaque jour.

A Svep, la révolte gronde. Comme prévu, Philbert refuse de payer l'impôt à Arnüll malgré le document qui en fait le gouverneur des basses Marches. Et son neveu Eldric n'a visiblement pas le courage de le tuer pour prendre sa place comme il l'avait d'abord proposé.

De son côté Arnüll prend ses aises. En tant que patron, il a annexé Lingsas. Après tout, Torlak est mort en traitre, il faut un nouveau chef à Lingsas. Ce chef sera Karnüll, le frère d'Arnüll. Autant gérer ça en famille.

Mais Arnüll n'en reste pas là. La vieille rivalité qui l'oppose à Invall, le chef de Hen, est l'occasion d'une nouvelle guerre. Arnüll prévoit sous peu de raser Hen qui vient à peine d'être rebâti.

Cette situation ne fait pas l'affaire de Messager qui souhaite au plus vite voir la chaîne des forts renforcée. Une vague piorad dans le sud serait une catastrophe pour ses plans séculaires. D'ailleurs certains se sont installés à fort Ulam ! Bientôt ils investiront les Marches si ça se trouve !

Mais il y a pire : Les pierres destinées à la construction n'arrivent plus des Prudences ! Et par la même occasion les épices et l'alcool de contrebande que Maecius fait venir du sud via ces convois de ravitaillement.

Aussi Le vedar prend-il les devants et va demander à Flérin Aggripa l'autorisation de partir avec les Porteurs et une quinzaine d'hommes à cheval enquêter dans les Prudences. Requête accordée. Après tout, Hector et Pomélius sont là pour gérer la troupe et cela fera du bien à son fils (ou pas !).

 

Aussitôt, Maelius va trouver Victorius et Strégus qui se détendent au bordel attenant au mur d'enceinte "chez Okpala, du cul mais qui sera meilleur dans pas longtemps". Il ordonne à Strégus de lui trouver seize légionnaires motivés et efficaces pour les accompagner. Strégus s'enflamme un peu sur les promesses faites aux volontaires mais la troupe est finalement constituée de bons soldats. A l'aube, ils se mettent en route. Marmaille à l'avant garde, Victorius à l'arrière.

Marmaille arrive donc au pont de Cassar. Une petite bourgade d'une vingtaine de chaumières réparties de chaque côté d'un affluant de la Wilkes dont ils ignorent le nom. Aggripa et de Plane ont exigé que tout le monde paie un droit de passage au profit de la Chaîne des forts. Marmaille paie pour sa troupe et leurs chevaux et demande des nouvelles.

Visiblement la guerre fait rage dans les plaines qui entourent Pôle. Centre-Pôle est à feu et à sang et Vhern et Port Astrid ont étaient saccagées. Du coup la pacification de l'est est retardée et les familles bathras en profitent pour prendre un peu leurs aises. Dans les rues de la capitale impériale c'est encore pire. Le règne de l'impératrice Béléa Ier commence dans le sang. Bref, l'idée d'Aggripa de se mettre au vert pour voir venir les choses n'était pas si mauvaise, surtout que ses fidèles semblent actifs à Pôle.

Maecius et Strégus finissent pas arriver au pont de Cassar et le vedar règle cette histoire de péage à coup de botte. Leurs investigations les amènent à poursuivre leur route sur des sentiers dont on ne sait plus vraiment s'ils appartiennent aux Prudences ou aux Créts cendrés. Là, ils trouvent un premier convoi pillé. Les bêtes et la marchandise ont été volées et les corps laissés sur place. Ils remarquent que l'attaque est le fait de guerriers aguerris et pas de minables brigands des bois et que les flèches utilisées sont celles des barbares des Marches. Ces raclures ont dû passer par petits groupes à travers les montagnes après la débâcle piorade. Strégus trouve un enfant du coin : Mök, qui est en train de poser des collets. Après maintes menaces, il comprend que le gamin vient d'arriver et qu'il n'a rien vu mais obtient de lui qu'il conduise la troupe à la scierie d'où il vient.

 

Son père, Léman, et le chef de la scierie où travaille une trentaine d'ouvriers. La venue d'une troupe de dérigion et de Porteurs les terrorise tous aussi décident-ils de se montrer coopératifs et accueillants. Strégus et Marmaille remarquent que les poutres sont de celles qu'ils utilisent pour les travaux de rénovation au fort. Léman invite les officiers à manger ainsi que Marmaille mais Victorius préfère faire le tour dehors.

Les nouvelles sont les mêmes qu'ailleurs, Pôle est en guerre mais il y a du nouveau : La famille de la Treille (dont Marmaille a brûlé vif un représentant quelques semaines plutôt lors de la bataille sur les rives de la Wilkes) a décidé d'asphyxier les forts où sont retranchés les rebelles. Désormais, la scierie n'a plus le droit de vendre son bois à la chaîne des forts. Ce qui ne va rien arranger à leurs affaires.

Dehors Victorius surprend un ouvrier en train de fouiller dans leurs affaires, il n'emporte rien et cherche visiblement des informations. Le travailleur pris en faute file à tout allure dans les bois. Victorius ne le poursuit pas mais lance Marmaille à ses trousses. L'hysnaton arrive facilement à le rattraper étant donné que le malheureux vient de finir embroché dans un des pièges qui fourmillent dans la région (qui sont normalement destinés aux piorads mais une maladresse est si vite arrivée).

Quand ils lui demandent des comptes, Léman répond aux dérigions qu'il s'agit d'un journalier embauché il y a une semaine et reconduit au jour le jour. Marmaille n'a rien trouvé sur lui sinon une odeur étrange et fraîche qui est trop faible pour être clairement identifiée.

Léman leur apprend encore qu'il y a une bourgade d'un bon millier d'habitants nommée les Brumes un peu à l'ouest et qu'une troupe de dérigion est arrivée dans le coin il y a quelques jours. Mais il ne sait rien de plus.

 

Pendant que les officiers et les Armes discutent de la marche à suivre, Marmaille décide de partir seul. Il découvre dans les montagnes un autre convoi saccagé. Cette fois il s'agit bien de pierres ! La caravane venait visiblement des Brumes quand elle a été attaquée. L'attaque est plus fraiche que celle des marchands aux abords de la scierie mais le mode opératoire et les flèches sont les mêmes. Les agresseurs ont utilisé des perches pour faire chavirer chariots et pierre taillées dans le ravin en contre bas. Tout le monde est mort. Petite nouveauté : une horrible odeur d'excrément lui attaque les narines, les victimes ont vidé leurs boyaux dans leurs chausses et ce petit problème gastrique les a forcés à s'arrêter. En repartant, il tombe par hasard sur le cadavre d'un des assaillants. C'est un barbare des Marches sans aucun doute, Marmaille les connait trop bien. Il a fini par se vider de son sang suite à une méchante blessure et les autres ne sont pas revenus le chercher. Il porte un bijou de facture gracieuse autour du cou. En or. Etrange pour un barbare en exil reconverti dans le brigandage.

Marmaille continue vers le village, le collier dans une poche, et se rend directement à la taverne. Là il est agressé par quelques locaux à cause de sa condition d'hysnaton. Il utilise les pouvoirs de Constance pour calmer le jeu et sort de ce travers non sans avoir appris que le pont de Cassar a été détruit. Les uns accusent la légion, les autres les brigands, d'autres encore les elfes et les nains ou Farô l'infâme. Marmaille croise également le chemin de mercenaires aux bras tailladés qui sentent la même odeur que l'espion qui a fini dans un piège la veille au soir.

 

Maecius, Strégus et Victorius se sont grimés en mercenaire et arrivent à leur tour aux Brumes. Ils ont décidé de commencer par poser des questions pour retrouver l'autre armée de dérigion. Victorius discute avec un marchand. Visiblement, les fuyards du nord sont nombreux à avoir franchi les montagnes après la défaite piorade. Pas facile de se retrouver dans le camp des vaincus. La légion est très mal vue par ici depuis que l'ordre ne règne plus. Les conflits de succession passent bien avant la sécurité des routes.

Dans le bouge, Maecius et Strégus discutent avec les hommes de mains de Farô l'infâme, le chef mafieux de coin qui est à la tête d'une petite troupe de mercenaires pas ridicule. Strégus remarque qu'ils ont les bras couverts de petites entailles, peut-être un compteur de victimes, et qu'ils sont plutôt bien soignés et correctement équipés. Maecius lui vient de reconnaître le tavernier. Il ne se souvient plus de son nom mais le reconnait du premier coup d'œil. C'est un paysan de Hen qui parlait toujours d'ouvrir son bouge quelque part au sud. Visiblement il a réussi. Mais il ne faudrait pas qu’il reconnaisse à son tour les légionnaires !

Le groupe apprend que la légion est sur une colline à l'ouest et décide de s'y rendre. C'est le moment idéal, d'ailleurs, ils viennent de retrouver Marmaille.

 

A la sortir de l'auberge, ils voient une troupe d'une vingtaine de légionnaires en uniforme arriver au triple galop. Visiblement, ils viennent d'avoir leur solde et une permission et les putes du bouge vont avoir du travail cette nuit.

Mais leurs observations doivent s'arrêter là : sept individus viennent à leur rencontre. Il s'agit visiblement d'hommes de main du dénommé Farô si l'on en croit les entailles sur leurs avant-bras. Poliment, les hommes les invitent à rencontrer leur patron. Ce sont des Porteurs et il souhaite leur souhaiter la bienvenue sur ses terres et discuter avec eux. Mais si Maecius et Strégus peuvent difficilement cacher leur statut de Porteur (compte tenu de l'aspect et de la taille de leurs Armes) et si Marmaille a révélé ce qu'il était en utilisant un petit effet pyrotechnique, Victorius, lui, ressemble à un voyageur lambda. Aussi, les mercenaires l'envoient promener grossièrement comme s'il était le dernier des chiens galeux. Mais quand on est Victorius Aggripa, on tient tête à la fange hostile.

Voyant cela les autres font un pas en arrière pour laisser L'arrogant Victorius s'occuper de ce problème. Après tout, il ne risque pas grand-chose face à ces hommes et prendre quelques baffes lui fera le plus grand bien et lui apprendra le respect de l'autorité.

C'est alors que l''impensable se produit. Trop sûr de lui, Victorius se laisse encercler et même prendre de vitesse par les casseurs de genoux de Farô ! En une fraction de seconde ils frappent et mettent en pièces le pauvre Victorius qu'il n'a même pas l'occasion de répliquer. Quelques coups de gourdin plus tard, Messager a changé de Porteur. Entre les mains d'un mercenaire de Farô, il conduit ses amis jusqu'au repère du seigneur du crime.